Gmail, Google Talk, Google Docs et Google Calendar ne sont plus en version « Bêta ». À la bonne heure. Cela fait au moins deux ans que ces applications percent très sérieusement dans le milieu professionnel, qu’elles sont utilisées massivement par des gens dont le business en dépend (dont moi, du reste…).
Que signifiait donc ce label « Bêta » apposé… bêtement sur ces sites qui fonctionnent bien mieux que, allez, au hasard, celui de notre bonne vieille SNCF ? Mais d’où venait donc cette bêtattitude ? Certains autour de moi utilisaient il y a quelques années le terme « Bêta » avec ostentation en pensant que c’était là un synonyme de « je vous préviens, si ça vous saute à la gorge ne venez pas m’engueuler« . C’était devenu un terme entre initiés : « je te préviens, c’est en version bêta », et du coup, de fil en aiguille, c’est devenu un incontournable.
Je me souviens m’être étouffé de rire en voyant que l’une des caractéristiques du design web 2.0 était la proéminence de cette appellation Bêta, poussée jusqu’à la prendre en compte dans le design du logo d’un site. Une façon de faire passer au visiteur d’un site le message suivant : « je suis tellement réactif que la superbe appli que vous utilisez là en avant-première exclusive c’est du bêta même que vous êtes tellement hype que vous savez ce que veut dire le terme bêta ». Encore un peu et on pourrait voir fleurir des services en mode « bêta ». La boulangerie bêta, avec le pain cuit dans un prototype de four avec une farine non-homologuée. Le contrat d’assurance-vie bêta, à la sauce Madoff (ah, mince, ça existe déjà).
La lecture de la news de Google ne nous apprend évidemment rien. Ni pourquoi avoir qualifié de bêta un outil bon pour le service. Ni pourquoi avoir enlevé le terme « bêta » un matin de juillet, sans n’avoir rien modifié d’autre aux applications en question. Sans doute la fin d’une époque chez Google, peut-être une volonté de gagner en respectabilité.
Alors, et vous ? Vous ne trouvez pas que vous avez l’air bêta, du coup ?
